Cet article, j'y pense depuis longtemps... et puis, pas le courage, pas assez forte, encore trop marquée j'ai attendu tout ce temps pour le faire. L'écrire peut-être aussi parce que j'aurais aimé lire des témoignages, savoir comment ça se passe pour certain et ne pas se sentir seule face à ces émotions.

deuil

Pour moi tout a commencé en 2012, une année qui aurait du être "magique" car c'était l'année de mon mariage! Et ce mariage, qu'on a tant préparé, qu'on a rêvé, idéalisé, il a été formidable, entourés de ceux qu'on aime, qu'on a vu heureux, sans accroche... une journée de rêve.

Mais malheureusement, ce rêve a été de courte durée. On apprend la maladie de quelqu'un qu'on aime, un crabe qui prend du terrain, une opération urgente. On ne comprend pas (ou on ne veut pas comprendre) la gravité de la chose, et puis les mots du médecin qu'on n'oublie pas: "on ne le guérira pas" .

Des semaines d'aller et retour à l'hopital, des espoirs (minces), des désillusions, on attend des résultats qui ne viennent pas, des coups de fil passés entre deux cours les mains tremblantes pour prendre des nouvelles, ... et le couperet tombe, par une infirmière qu'on ne remerciera jamais assez de nous avoir dit la vérite: "c'est bientôt la fin"...

Et puis ces quelques jours, où le temps est suspendu, où l'on se relaie autour de lui, où on discute en mangeant des plats préparés parce qu'il faut manger, où on lui dit tout en espérant ne rien oublier, où on se regarde aussi, où on se tient la main... mais malgré tout, il faut quand même rentrer, s'occuper de sa maison, des enfants même si l'esprit n'est pas là... Y retrourner au petit matin, en souhaitant que ça s'arrête parce que ce n'est pas une vie. Et puis l'appel... c'est fini.

Le médecin, les pompes funèbres, les rendez vous pour la cérémonie... l'enterrement...

Et dans notre coeur de fille... dévasté, brisé... il faut pourtant continuer. Aider une maman qui ne sera plus jamais la même, mettre ses émotions de côté pour assurer, ne pas pleurer parce qu'on ne peut plus s'arreter, faire bonne figure, essayer de dormir quand l'insomnie nous guette et en oublier sa vie de femme. Avancer jour après jour, mois après mois... Essayer de ne plus penser, s'occuper....

Faire un blog (oui c'est comme ça qu'est né: Nous et les minibouts).

Et les minibouts dans tout ça.... les pleurs qu'elles ne comprennent pas, une maman absente qui a l'esprit ailleurs et fait tout par automatisme, une mamie et un papy qu'on ne voit plus. Et puis leurs mots, si simples, "papy, il est monté sur un arc en ciel pour aller dans le ciel" ou "tu crois qu'il nous voit de là haut?". Je me demande toujours quel impact cela peut avoir sur elles...

Je n'ai jamais rien caché aux minibouts.... la maladie, l'hopital, la mort... le tout avec des mots d'enfant bien sur.

Mais avec un peu plus d'un an de recul, je me rend bien compte qu'elles ont perdu une partie de leur innocence. La mort est entrée dans leur vie... trop tôt, trop vite... Ca les perturbe plus qu'on ne l'imagine... Par exemple, à la suite d'une discussion avec la plus grande au sujet d'une dame qui était décédée, elle m'a dit "mamie aussi elle peut mourir? on n'aura plus de mamie???? mais comment on va faire?"... ça m'a brisé le coeur de la voir si malheureuse à cette idée.

Je sais bien que la souffrance ne peut leur être évitée... mais si seulement!

Un conseil pour ceux à qui cette situation arrive:

Ne prenez pas tout sur vous.... le droit à la tristesse vous est du... pour les minibouts, ne leur cachez rien, ils le comprendront d'autant mieux, les laisser s'exprimer même si cela vous déchire le coeur.

Un conseil pour ceux qui ont un proche à qui ça arrive;

Appelez le! Allez le voir! Ne vous dites pas "je ne vais pas le déranger" car il vaut mieux trop d'appels que pas assez! Montrez que votre amitié est toujours là!

Un dernier mot à ceux qui viennent de perdre un proche: la douleur s'estompe même si on n'y croit pas, ça arrive... la tristesse reste toujours un peu mais on arrive malgré tout à vivre cette "nouvelle" vie du mieux que l'on peut.